Elle vient d’arriver, et s’est assise devant moi. Je ne la connais pas. Mais je l’ai tout de suite remarqué. Elle a un style particulier que j’aime beaucoup. Elle est si belle, si attirante.
Je commence innocemment à engager la conversation avec elle. J’apprend qu’elle s’appelle Ambre, a 19 ans et est à la fac à Lyon. J’en déduis donc qu’elle descendra à Lyon, dans environ deux heures. Elle me dit que oui. Ensuite, elle me pose quelques questions sur moi, auxquelles je répond sans hésiter, contente de pouvoir discuter. Doucement, on en arrive à parler de nos amours. Moi je lui raconte un peu de mon passé douloureux. Elle y est sensible. N’ayant pas envie de m’éterniser sur ce sujet qui me fait mal, ce qu’elle comprend, je lui demande de me parler un peu d’elle. Elle le fait de bon cœur.
Aussi, j’apprend qu’elle est célibataire, à la recherche d’une relation sérieuse. En approfondissant le sujet, on en vient à parler de certaines choses et j’apprend qu’elle est comme moi.
Je la regarde durant le temps où elle me parle d’elle avec confiance, comme si j’étais une amie de longue date. Une amie... Non c’est autre chose.
Dès que je l’ai vu mon cœur s’est mis à battre plus fort, j’avais une sensation de chaleur en moi... Non, ça ne peut pas être ça... pas lui ! Non je n’y crois pas, je n’y ai jamais cru comment pourrait-ce être possible ?! Non tu n’existes pas, toi, le coup de foudre... Tu n’es qu’une invention, c’est impossible, comment pourrais-je être amoureuse d’une fille que j’ai rencontré il y a à peine une heure...
Le temps est passé trop vite, c’est déjà l’heure, l’heure pour elle de descendre de ce train. J’aurais aimé qu’elle loupe son arrêt, pour pouvoir passer une heure de plus avec elle.
Elle se lève, commence à ranger ses affaires. Le train ralenti. Elle me dit qu’elle à été contente de me rencontrer, je lui répond que moi aussi. Elle me souhaite une bonne fin de voyage. Alors, avec un grand sourire un peu forcé, je lui dit au revoir.
Mais les larmes qui commençaient à perler au coin de mes yeux ne lui ont pas échappé. Avec un regard attendri, elle me prend dans ses bras. Surprise de cet élan d’affection, mais heureuse, j’enfouie ma tête dans ses cheveux noirs de jais, et laisse couler doucement quelques larmes. Mais ces larmes, il me semble bien que c’était des larmes d’amour.
Je relève la tête. Sans un mot, en me regardant dans les yeux, elle me sourit et m’embrasse tendrement. Puis elle se retourne et s’en va.
Le train s’est arrêté, elle descend. Je la vois franchir la porte sans se retourner. Puis je retourne à ma place, m‘appuyant contre la vitre pour repenser à ce moment si court mais si intense.
Et là, sur le quai, je la vois me faire signe, me disant au revoir et attendant que mon train reparte. Alors, sans me forcer cette fois, je lui fait un grand sourire, et la regarde devenir de plus en plus petite au fur et à mesure que le train prend de la vitesse.
La femme à côté de moi me regarde de travers. Mais il n’y a pas qu’elle, en fait, presque tout le monde. Je n’y fais pas attention. De toute façon je m’en fou. Dans ma tête, je suis encore avec elle.
Pourquoi ne lui ai-je pas demandé son numéro de portable ou son adresse mail ? Je ne sais pas vraiment. J’y ai pensé, mais... Garder un contact avec elle, quelque chose me disait que ce n’aurait pas été une bonne idée.
Je préfère garder en moi ce moment magique passé avec elle, ce souvenir.
Est-ce que je l’ai vraiment aimé ? Oui je le crois. Mais maintenant, c’est du passé. Non je ne dirai pas que c’est déjà oublié, mais c’est du passé. Et pour une fois, ça me fera enfin un souvenir heureux !

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